Semaine de l’industrie : l’attractivité, un impératif pour la France

Nous allons célébrer cette année le 50ème anniversaire de notre site de production situé en Alsace (Fegersheim). Aujourd’hui, ce site est l’un des plus grands centres de production du Groupe Eli Lilly et emploie plus de 1500 salariés. Ce site représente aujourd’hui 8% des emplois dans les biotechnologies en France.

La France est une grande puissance industrielle et continue d’accueillir des investissements industriels. La France accueille ainsi 40% de projets industriels de plus que l'Allemagne et devance également le Royaume-Uni[1]. Néanmoins, la dynamique est aujourd’hui en perte de vitesse avec une diminution du nombre de projets accueillis en France (212 en 2015 contre 231 en 2014). Notre pays attire également moins de nouveaux centres de R&D que ses concurrents : il occupe le 5e rang mondial (45 implantations de projets), derrière l’Allemagne (55) ou le Royaume-Uni (100).

Cette perte d’attractivité est liée à de nombreux facteurs, au premier rang desquels le poids et le manque de visibilité fiscale et réglementaire. Le secteur pharmaceutique en particulier supporte  en France les taux de fiscalité les plus élevés d’Europe[2].

Les pouvoirs publics doivent encourager à travers différentes mesures l’investissement qu’il soit en termes d’infrastructure, de R&D ou de formation par exemple, tant au niveau national que régional. 

Afin de confirmer le caractère stratégique de l’industrie pharmaceutique en France, secteur dynamique, compétitif, porteur d’innovations, d’emplois et de croissance, et de pouvoir continuer à attirer des investissements productifs et de la recherche clinique sur notre territoire, la France doit travailler sur l’ensemble des dimensions de l’attractivité.

En effet, c’est avec un cadre institutionnel, réglementaire et fiscal rassurant et prévisible que la France pourra attirer de nouveaux investissements. Les entreprises ont besoin de stabilité et d’un dialogue efficace et constructif avec les pouvoirs publics.

Le tissu industriel français a également un besoin impératif de simplification et de lisibilité dans sa politique fiscale. A ce titre, la sanctuarisation du crédit d’impôt recherche ainsi que la transformation du CICE en une baisse durable des charges sociales sont nécessaires.

La campagne présidentielle doit faire de l’attractivité industrielle l’un des thèmes prioritaires des candidats, dans un contexte international de concurrence accrue.



[1] Selon le baromètre réalisé par le cabinet EY et portant sur l’attractivité de l’hexagone en 2016 http://www.ey.com/fr/fr/issues/business-environment/ey-barometre-de-l-attractivite-france-2016

[2] Selon une étude de PwC sur la fiscalité du secteur du médicament en France et en Europe, "la France présente toujours le taux d’impôt global le plus élevé́." Dans plus de 2 cas sur 3, les taux d'imposition français sont supérieurs de 12 points à ceux des pays européens.