La stratégie nationale e-santé 2020 en quatre axes

La ministre des affaires sociales et de la santé a présenté le 4 juillet la « stratégie nationale e-santé 2020 » qui vise à accompagner les parties prenantes du système de soins vers le tournant numérique. En tentant de simplifier l’accès aux données de santé et leur usage, la stratégie du ministère va dans le sens des recommandations portées par l’Organisation Mondiale de la Santé dans un rapport de 2016 pour le développement du traitement des données de santé.  Le numérique étant une opportunité qui rendrait le système de santé plus efficace, la mise en œuvre de ce plan a pour objectif la simplification de l’accès à ces données pour les acteurs du système de santé. Le but étant d’offrir une meilleure qualité de traitement pour les patients, de mettre à disposition des données plus larges pour la recherche scientifique et permettre in fine la réduction des coûts des soins de santé.

Cette stratégie entend suivre plusieurs axes dont le premier vise à mettre le patient «au cœur de l’e-santé » en favorisant l’accès aux soins et en développant les services numériques offrant plus d’autonomie. Pour cela, les outils de télémédecine et de suivi à distance seront étendus à de nouvelles pathologies comme le diabète ou l’insuffisance cardiaque et respiratoire.

Le deuxième axe doit soutenir l’innovation par les professionnels de santé en développant des cursus de formation au numérique et des espaces dédiés à l’innovation à l’hôpital et en ville.

L’objectif du troisième axe est la simplification du cadre d’action notamment en adaptant les méthodes d’évaluation de la Haute autorité de santé aux dispositifs d’e-santé. La ministre souhaite ainsi éliminer les redondances et blocages administratifs dans les processus d’autorisation et de financement des projets d’e-santé, en réorganisant les pouvoirs publics à partir du deuxième semestre 2016.

Le dernier axe de la stratégie nationale considère que la sécurité autour des données de santé est un impératif.  Un plan d’action sur la sécurisation des systèmes d’information en santé sera publié prochainement et en parallèle un administrateur des données de santé sera mis en fonction au ministère.

L’implémentation de la stratégie nationale e-santé 2020 débutera véritablement à l’automne 2016 avec la réunion d’un conseil stratégique regroupant des professionnels de santé, des patients, des industriels et les pouvoirs publics concernés. En attendant, l’exploitation des données massives laisse entrevoir des « bénéfices qui semblent surpasser les risques », notamment  pour les patients et les professionnels de santé sur le plan du parcours de soin, mais aussi pour le système de santé publique dans son ensemble, d’après les conclusions tirées de l’atelier citoyen de la commission nationale du débat public.