Le secteur pharmaceutique, un secteur stratégique au cœur du dialogue avec les autorités

Si la France peut aujourd’hui s’enorgueillir de faire partie des leaders mondiaux dans le domaine des produits de santé et des sciences du vivant, c’est notamment grâce à son industrie pharmaceutique performante et innovante.

Son rôle dans l’économie nationale se révèle en effet particulièrement stratégique : elle produit un chiffre d’affaires d’environ 53 milliards d’euros par an, dont la moitié réalisé à l’export, représente plus de 100 000 emplois sur tout le territoire et génère des effets d’entraînements élevés et surtout croissants sur l’ensemble de l’économie française.

Cependant, de multiples rapports produits ces dernières annéFeatured Imagees (Gallois, Lauvergeon, etc.) ont souligné que cette performance pouvait être encore améliorée, considérant que le secteur pharmaceutique était l’un des rares secteurs industriels pour lesquels notre pays disposait encore d’un réel potentiel de croissance. Mais la réalisation de ce potentiel ne pourra être effective sans changer nos pratiques collectives.

En effet, si la France reste assurément un pays attractif pour les investissements à très haute valeur ajoutée, cette attractivité s’érode peu à peu devant la montée en puissance de nouveaux concurrents sur la scène internationale. Dans ce contexte plus contraint, préserver et renforcer la compétitivité de ce secteur stratégique pour notre économie, dans le but de développer son activité et les emplois qui y sont liés, devrait constituer une priorité absolue.

Pour ce faire, notre pays a toutefois impérativement besoin d’une politique d’innovation qui soit à la fois plus cohérente et plus volontariste qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ces deux critères sont en effet fondamentaux dans les décisions d’investissements en R&D et en production. Or, notre secteur a trop souvent dû composer tant bien que mal avec des mesures contradictoires et un cadre fiscal et règlementaire instable, et donc déstabilisant. Il est désormais temps de réfléchir ensemble aux moyens de mettre fin à cette situation illisible pour les industriels, notamment internationaux.

Seul un dialogue rénové et redynamisé entre l’Etat et les industries pharmaceutiques, qui doivent plus que jamais se considérer comme des partenaires dans la compétition mondiale, nous permettra d’atteindre cet objectif.

Cela implique avant tout de remettre le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) au cœur de l’élaboration de toute politique publique en lien avec le médicament. En effet, le CSIS doit permettre à l'Etat et aux industriels de développer une vision partagée des enjeux et de l’avenir de notre secteur, et de construire un cadre solide autour duquel viendront s’articuler harmonieusement toutes les décisions publiques, y compris par exemple le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale), les mesures issues du CSF (Comité stratégique de filière) ou encore l’accord-cadre entre le Leem (Les entreprises du Médicament) et le CEPS (Comité économique des produits de santé).

Pertinence, cohérence et prévisibilité dans tous les domaines (politique industrielle, régulation économique, santé publique, etc.), mais aussi compétitivité, innovation et efficience des technologies devront être les maîtres-mots de la future action conjointe des pouvoirs publics et des industriels. C’est la seule et unique clé qui permettra à l’industrie pharmaceutique française de rester un fleuron de l’économie nationale et un leader de l’innovation thérapeutique mondiale.